COMMUNIQUÉ DU 25 SEPTEMBRE 2018

Suite à la diffusion du communiqué de presse écrit par des habitants du 3 ème arrondissement non signé et publié sur le facebook du jardin Levat, sur le wordpress citoyens du 3, et relayé sur différents réseaux, l’Atelier Juxtapoz apporte ici une réponse.

Avant toute chose, nous déplorons fortement la forme utilisée, une discussion permettant d’éviter ces « coquilles » pour ne pas dire désinformation aurait été très facile. À la place nous nous retrouvons à devoir brandir certains choix et actions pour nous défendre. Nous avons cherché à joindre directement les personnes à l’origine de ce communiqué. Tout le monde se renvoyant la balle, ce fut compliqué. Nous avons également sollicité un rendez-vous avec l’ensemble du collectif Brouettes et Compagnie, principal diffuseur de ce communiqué, cette demande est toujours sans réponse.

Nous emploierons donc la même méthode (à l’exception de l’absence de signature) pour corriger ces quelques « oublis » et formulations douteuses.

Pour rappel, Juxtapoz est une association qui oeuvre dans les cultures urbaines, qui met à disposition des ateliers d’artistes et qui coordonne des projets artistiques et culturels. N’oubliez pas (ou apprenez) que nous sommes 4 salariés et demi : une administratrice, une chef de projet, une chargée de communication à mi-temps, une référente/coordinatrice de la cité d’artistes et un jardinier. Toute cette équipe a conscience de la nécessité d’adapter ses missions à l’environnement qui est le sien jusqu’en 2020. Nous partageons parfaitement l’avis du communiqué sur ce point et travaillons actuellement en ce sens. Mais même à quatre et demi, cela prend du temps et saisir les enjeux du quartier nous en a pris aussi. Par contre, certaines de nos réalités ne peuvent pas être ignorées pour donner davantage de crédit à une vision unilatérale de la situation.

En tant que structure, l’éthique (dont nous semblons manquer) passe notamment par la gestion des ressources humaines. Ajouter de nouvelles missions à une équipe sans réorganisation reviendrait à exiger plus de temps de travail. Si investie soit-elle, l’équipe de Juxtapoz n’est pas disponible et présente sept jours sur sept. Dans un monde idéal, les heures supplémentaires s’accompagneraient d’un salaire approprié, mais dans notre réalité d’association à but non-lucratif, ça n’est pas toujours aussi simple. Évitons les futures remarques sur la belle fréquentation de cet été, le chiffre d’affaire du café et l’adhésion à 2 euros. Oui le projet marche bien et nous remercions sincèrement les 20000 visiteurs venus jusqu’à présent. Nous espérons ainsi rembourser l’investissement initial (mise aux normes du site, venues et salaires des artistes, matériel, achat de mobilier extérieur, création de l’espace de vie, etc.), et ainsi pouvoir pérenniser les postes actuels pour l’année à venir et développer les actions et activités de l’association.

La cité d’artistes, située dans le bâtiment principal, est actuellement complète et héberge 43 ateliers d’artistes, artisans, indépendants et structures culturelles (non pas 70 comme l’indique le communiqué). Arrivés sur site en janvier 2017, nous avons lancé un appel à candidatures au mois de mars.

Envoyé aux associations voisines dont nous avions les contacts, nous pensions cette méthode efficace et suffisante pour faciliter sa diffusion au sein de la Belle-de-Mai. Cela n’était pas assez, sur la première centaine de candidatures reçues seules six ou sept provenaient d’habitants du

3ème arrondissement. La question de la discrimination positive (ne nous mentons pas, c’est de ça dont il s’agit) a été réfléchie, et nous avons décidé ensemble que non, ce seul critère ne suffirait pas à retenir une candidature. Deux ont alors été refusées.

 

Le communiqué semble déplorer un manque d’implication du couvent dans le quartier. Les recherches à ce sujet ont dû être très rapides et succinctes. De nombreux résidents travaillent directement en lieu avec des structures ou personnes de la Belle-de-Mai : ateliers hebdomadaires avec les enfants de la maison pour tous, spectacle de théâtre gratuit pour les enfants, ateliers de théâtre dans les écoles du quartier, reportage sonore sur les travailleurs et habitants de la bellede-Mai, etc. Ne communiquant que sur les actions de Juxtapoz, nous n’avons rien diffusé sur ces propositions à la seule initiative des résidents. Nous prenons maintenant conscience de la nécessité d’une communication globale sur les activités du couvent afin d’éviter des insinuations ternissant l’image du lieu et de ses résidents.

La fréquence des ouvertures avant l’exposition (les mercredis et 2 dimanches par mois) est critiquée mais aucune aide n’a été proposée pour l’augmenter.

Deux jours d’ouverture par semaine peuvent sembler insuffisant mais cela a été envisagée et assurée par Juxtapoz en fonction de ses moyens humains, techniques et financiers. Pendant six mois, notre équipe de quatre personnes a travaillé deux dimanches par mois pour essayer de répondre aux besoins du quartier, et assurer ces ouvertures aux habitants. Avant l'inauguration de l'exposition le 13 juin, notre première campagne d’affichage pour l’exposition s'est faite dans la Belle-de-Mai. Elle est peut-être passée inaperçue aux yeux des écrivains de ce communiqué mais une centaine d’affiches a été diffusée dans le quartier et chez les commerçants.

Concernant le jardin et le patrimoine des soeurs, nous vous assurons que leur préservation fait partie de nos priorités. Tout n’est pas visible mais nous essayons de faire cohabiter au mieux le public et cette nature en limitant les travaux invasifs dans le bâtiment et en exploitant stratégiquement le jardin. Les extérieurs sont entretenus par un jardinier écologue (embauché à temps plein) qui prend en considération la venue du public et les impacts potentiels sur le jardin.

 

Concernant les conventions passées avec les associations venant jardiner sur place et « limitées à un an », elles sont en réalité signées pour un an et reconductibles. Juxtapoz étant légalement responsable de l’entièreté du site (bâti et jardins), ces conventions transfèrent une partie des

responsabilités et assurent donc à chaque structure son autonomie et sa liberté sur site. Cinq structures permettent donc à plus de 200 personnes de venir jardiner. Les extérieurs du couvent accueillent également régulièrement des groupes de paroles, des assistantes maternelles, les écoles du quartier, des fêtes de fin d’année, des balades botaniques, etc. À titre informatif il est important de rappeler que l’ensemble des projets et activités se déroulant sur le jardin sont soumis à l’approbation d’un comité de gestion réunissant trois services de la ville (service des grand projets, politique de la ville, espaces verts), l’équipe de quartiers libres, notre association, et 5 représentants des usages et habitants du quartier. En tant que responsable légal du site, Juxtapoz dispose effectivement d’un « droit de véto ». Nous ne nous sommes opposés à aucun projet jusqu’à présent et n’avons aucune raison ni volonté de le

faire. Cette « possibilité » existe simplement pour nous permettre de ne pas engager notre responsabilité sur un projet ou une activité dont la forme nous semblerait inadéquate.

 

Dernière correction, le communiqué annonce un retour aux anciens horaires après l’exposition (les mercredis et deux dimanches par mois), c’est absolument faux. Le comité de gestion doit d’ailleurs se réunir sur cette problématique. Juxtapoz a pensé des solutions plus larges qu’auparavant mais nous ne les avancerons pas avant d’être sûrs de leur mise en place.

Nous espérons que ce communiqué sera autant diffusé que le précédent, et qu’il clarifiera une situation sans doute trop floue.